dimanche 15 février 2015

รวมเพลง/ruamphleng : Thongsai Thapthanon - " Procession des offrandes surprises au temple de Thakuthae "



PLAYLIST

01 - " แห่กัณหลอน วัดท่ากุดแห่ " / " Hae Kan Lon Wat Thakuthae " ( "Kan Lon Parade at Thakuthae Temple" / " Défilé Kan Lon au temple Thakuthae ") - อ. ทองใส / Master Thongsai (Thongsai Thapthanon)

Posté sur youtube par Nu Lamphloen (นุ ลำเพลิน), février 2013.

[FR] La procession est dite " Kan Lon ". Sur internet, on trouve que " Hae Kan Lon " qualifie le type de défilé qui accompagne les fêtes du Bun Phra Wet (บุญพระเวศ aussi orthographié บุญผเหวด) particulières à la région Nord-Est de la Thaïlande (Isan) durant lesquelles est lu le Vessantara Jataka

Comme le note Louis Gabaude, spécialiste du Bouddhisme Theravada : " Il s'agit de la lecture de la dernière vie du Bouddha au cours de laquelle il exerça la vertu de générosité, de l'extrême don où, né prince héritier, il donna tout ce qu'il avait de plus précieux depuis son éléphant blanc jusqu'à son épouse en passant par ses chevaux et ses enfants. Le don de l'éléphant blanc protecteur du royaume lui valut d'être exilé à la demande des foules, déjà indignées, dans les forêts sauvages jusqu'au jour où ces mêmes foules, déjà versatiles, se rendirent compte de leur erreur et allèrent chercher le prince héritier pour un retour triomphal et politiquement correct vers la capitale. Se joignirent au cortège les fantômes des morts. C'est le cortège de ces fantômes paillards et hauts en couleur qui constitue aujourd'hui le clou de la fête du Vessantara [...] ".

Littéralement " Procession des offrandes surprises ", le " Hae Kan Lon " (แห่กัณฑ์หลอน ou แห่กัณหลอน) vient effectivement "surprendre" les moines au moment de leur lecture du Vessantara Jataka. La procession doit alors tourner trois fois autour du temple. 

Dans la vidéo, le défilé est conduit par le célèbre professeur de phin Thongsai Thapthanon de la région d'Ubon Ratchathani (auquel un commentateur de la vidéo de Khun Narin faisait référence dans un précédent article et que l'on a déjà pu entendre jouer du phin avec Phetphintong). 

Régalez-vous! 

[EN] The procession is called "Kan Lon". On internet, one can find that "Hae Kan Lon" designates the parade of Bun Phra Wet ceremonies (บุญพระเวศ or บุญผเหวด). The Bun Phra Wet are related to the North-East region of Thailand (Isan). During the ceremony, monks read the Vessantara Jataka.

According to Louis Gabaude, Theravada Buddhism specialist: " [Bun Phra Wet] is the reading of the last life of Buddha during which he exercised the virtue of generosity doing the extreme gift : borned as a crown prince, he gave the most precious things he had from his white elephant to his wife, his horses and his children. The gift of the white elephant protector of the kingdom led to his exile in the wild forests under the request of the outraged crowds, until the day these same versatile crowds realized their mistake and went to seek the Crown Prince to bring him back to the capital, in a triumphant and politically correct way. At that moment, ghosts of deads joined the procession. Nowadays, the procession of these bawdy and colorful ghosts is the highlight of the Vessantara festival [...] ".

Literally called " Procession of the Surprised Gifts ", " Hae Kan Lon " (แห่กัณฑ์หลอน or แห่กัณหลอน) is supposed to "surprise" the monks while they are reading the text. According to the custom, the parade turns three times around the temple.

In the video, the famous phin teacher Thongsai Thapthanon from Ubon Ratchathan lead the procession (see the article about Khun Narin and Phetphintong).

Enjoy!

(Cf. Louis Gabaude, " La Fête bouddhique en Thaïlande ", {Rites} Fêtes et célébrations de l'humanité, sous la direct de Thierry-Marie Coureau et Henri de La Hougue, Bayard, 2012, pp. 809-810, un grand merci à monsieur Gabaude d'avoir bien voulu reprendre ma première traduction " procession du chapitre des morts '' très inexacte)

jeudi 12 février 2015

What Do You Mean by Asian Psychedelism? Vol. 1, Khun Narin, An Introduction



PLAYLIST

01 – " ขุนนรินทร์พิณซิ่ง8 " / " Khun Narin Phin Sing 8 ", คณะ ขุนนรินทร์ศิลป์ / Khun Narin Band, 2011
02 – " ลำภูไท " / " Lam Phu Thai ", คณะ ขุนนรินทร์ศิลป์ / Khun Narin Band, Khun Narin Electric Phin Band, Innovative Leisure, 2014
03 - " Khin Kam ", Saing Saing Maw", Guitars of the Golden Triangle: Folk and Pop Music of Myanmar Vol. 2, Sublime Frequencies, 2005 
04 - " Aksi anak yg Kreatif di Kp Rambutan part 1 ", Indonésie, 2010
05 - " Amboss ", Ash Ra Tempel, Ash Ra Tempel, Allemagne, 1971
06 - " มีผัวเด็ก " /  " Mi phua dek " / " J'ai un frère-enfant ", อ้อยใจ แดนอีสาน / Oichai Daen Isan, หวยกับหอย ถยายฉิม ภาค 2, Thaïlande
07 - " Mulume ", Basokin feat Mi Amor, Congotronics 2 : Buzz'n'Rumble from the Urb'n'Jungle, Congo, 2005
08 - " Eyes-Shaking King ", Amon Düül II, Yeti, live, Allemagne, 1970
09 - " Kaskados Minnelied ", Amon Düül, Psychedelic Underground, Allemagne, 1969 
10 - " Ruby ", Silver Apples, Contact, Etats-Unis, 1969
11 - " Dejame vivir mi vida ", Rosita de Espinar, Pérou, 2011
12 - " Walkin' With Jesus " (Spacemen 3 cover), Wilder Gonzales Agreda, Pérou, 2003
13 - " Yuxu ", Xezerin sahilinde, Azerbaïdjan
14 - " Dead Man Theme ", Neil Young, Dead Man, Etats-Unis, 1996
15 - " Pali Gap ", Jimi Hendrix, Etats-Unis
16 - " Jakarta Punk: The Marjinal Story ", Kickstarter Pitch, Indonésie, 2012
17 – " Mu Nohn Sah ", Nan Phin Sar, Guitars of the Golden Triangle: Folk and Pop Music of Myanmar Vol. 2, 2005 
18 - " Tisnant an Chatma ", Tamikrest, Chatma, Touareg, 2013
19 – " Chatma ", Tinariwen, Amassakoul, Touareg, 2003
20 - " Baby Missiles ", The War On Drugs, Slave Ambient, Etats-Unis, 2011
21 - " I stumbled ", Magic Lanterns, Lit-Up with Magic Lanterns, Royaume-Uni, 1967
22 - " Iron man ", Black Sabbath, Paranoid, live, Royaume-Uni, 1970
23 - " Whole Lotta Love ", Led Zeppelin, Led Zeppelin II, Royaume-Uni, 196
24 - " Pow R. Toc H. ", Pink Floyd, Piper At The Gates of Dawn, Royaume-Uni, 1967
25 – " Heart of the Sunrise ", Yes, Fragile, Etats-Unis, 1971
26 - " Hush ", Deep Purple, Shades of Deep Purple, Royaume-Uni, 1968
27 – " When the Music's Over ", The Doors, Live at the Hollywood Bowl, Etats-Unis, 1968
28 – ทองใส ทับทนน / Thongsai Thapthanon,Yellow Studion, Ubonratchathani, Thaïlande, 2009
29 – " ซมซาน " / " Somsan " / " Misère ", โลโซ / Loso, Thaïlande
30 - " Khun Narin Phin Sing x Toshio Matsumoto ", Teerath Whangvisarn,  Thaïlande, 2014
31 - Phi Ta Khon: Ghosts of Isan, Robert Millis, Sublime Frequencies, Thaïlande, 2006
32 - " สาวอุบลรอรัก " / " Sao Ubon Rorak " / " " La fille d'Ubon qui attendait l'amour ", อังคนางค์ คุณไชย / Angkhanang Khunchai, Thaïlande 

[FR] Il n'est pas question ici de considérer Khun Narin comme le porte flambeau d'un mouvement psychédélique asiatique, ni même Thaïlandais, mais bien d'observer l'ensemble des représentations que le groupe a su réveiller parmi lesquelles le psychédélisme prend forme. Ce depuis la première apparition du groupe sur youtube [1] jusqu'à la publication récente d'un premier album chez Innovative Leisure [2].
D'abord il y a eut cette vidéo éditée par Mon (Sumeth), le fils de Rin, le leader du groupe que l'on voit au cymbale, une vidéo promotionnelle [1] accompagnée d'un numéro à contacter pour quiconque à Lomsak, dans la province de Phetchabun (Isan, Thaïlande) serait intéressé par la prestation.
Jusque là, aucune surprise. Khun Narin est un groupe comme il en existe une demi-douzaine dans les alentours de Lomsak. Un groupe qui a sa réputation mais que rien ne destinait à être produit par une maison de disque indépendante américaine, si le concours insoupçonné de youtube n'avait tiré du lot la vidéo. Car c'est bien en jouant à la loterie que, de l'autre côté du globe, Richard Kamerman découvre un beau jour Khun Narin :
" To the point, I wish I had a more useful answer for you regarding how I came across that video. but yeah, I did link it here on facebook a while ago causing the appropriate flurry of excitement. If I recall correctly, I was honestly just down a youtube rabbit hole, clicking recommended sidebar videos to great success - the music so often gets pleasantly surprising once you stop being able to read the video names/descriptions... " 
Richard Karmeman, réponse à Peter Doolan de Monrakphlengthai, juillet, 2014.
Le 25 octobre 2012, sous le titre détonnant " Strange, Heavy Psychedelic GuitarShreddage at a Thai Family Event ", Nat Roe reposte sur WFMU la trouvaille dont Richard Kamerman vient de faire lui part. Dès le lendemain des premiers commentaires arrivent, prenant Khun Narin pour la réverbe et répondant à la Thaïlande par la Birmanie ou l'Indonésie :
" wicked face-melting reverb isn't all that unfamiliar from SE asia...check out sublime frequencies: saing saing maw [3] still, totally rad " 
Rico, 26 octobre 2012. 
" Reminds me a bit of these vids, from Indonesia I think [4] " 
MenyKU, 27 octobre 2012.
Ok, peut-être pour la Birmanie, mais pour l'Indonésie... (sans avoir rien à re-dire de la musique qu'ils engagent, je me demande parfois selon quels rapports les rapprochements procèdent). Toutefois il faudra un peu de temps avant que le vidéo ne se fasse véritablement connaître (plus de 300 000 vues sur youtube). Celle-ci est repostée sur d'autres blogs et sous d'autres noms qui sans être les mêmes ne s'écartent jamais véritablement de la même idée : " The Psychedelic RockBand Discovered in a Remote Village in Thailand ", " How an Obscure Thai YouRube Clip Led to an Insane PsychedelicAlbum ", ou encore " Mindblowing Psychedelia From Thailand " sur Dangerous Mind qui reste l'un des plus cités :
" Thai musical congregation Khun Narin Phin Sing, from the Phetchabun Province, conjures up some mystical vibes in their indescribably beautiful psychedelia.Google translates the song title and YouTube uploader quite trippingly as "Khun Narin Racing Harp" posted by "Melting The Drug." [Googe traduit le prénom du fils de Narin qui a posté la vidéo sur youtube, " Sumet ", par " Intelligent " en anglais, parfois " Melting ", et son nom de famille, " Yakham " par " word, medecine, drug "]The spacey guitar sound is emanating from a phin, which is a type of two to three-stringed lute popular in Thailand and Laos.Khun Narin Phin Sing have a Facebook page. Visit it and implore them to come to your town or city now. Or at least release an album. " 
Marc Campbell, Dangerous Mind, 3 mai 2013. 
" A Thai Ash Ra Tempel [5] " 
Mauro, Dangerous Mind, 2013. 
" This sounds like Mor Lam mixed with Congotronics. Oi Jai Dennisan 4ever! [6-7] " 
MrSmelly, Dangerous Mind, 2013.
À partir de là, les commentaires se succèdent amenant chacun leur lot de références. Il y a bien entendu des blasés et des mécontents, cependant, même dans ce cas, les commentateurs ne peuvent s'empêcher de faire un peu d'auto-promotion et de répondre à Khun Narin par leurs propres références en terme de psychedelia. Sorti des noms tenus par tous comme des références absolues, il est assez troublant de voir comment sous les termes " psychédélisme " et " folklore " une région du globe se trouve assez librement associée à une autre :
" dont like it really... reminds me of Amon Düül II [8] which I also dislike

I love (the first) Amon Düül (more savage/wilder less musicians) [9] who played marvels like psychedelic underground , collapsing singwowel ruckwarts, etc or Silver Apples [10] of course

if you love this you should hear folklore (ancient and contemporary) [11] and of course psychedelia from Peru [12] .:::: Best Regards from North Lima, Wilder.((www.peruavantgarde.blogspot.co...)) " 
Wildrugs, Dangerous Mind, août 2014. 
" I prefer this one watch [13] " 
90Lans, youtube, 7 novembre 2013.
Sans être très précis, les commentaires essayent de saisir la substance d'une musique qui s'écoute comme quelque chose de familier, mais qui ne ressemble pourtant à rien d'autre. Pour qui s'intéresse au commentaire, You tube est une mine d'or où les renvois s'accumulent sous forme de références simples, de listes ou même d'additions :
" sometimes it sounds like Neil Young dead men [14] " 
Pan Czarny Pies,19 octobre 2013. 
" Jimmie Hendrix? [15] " 
Weiszcracker, 7 mars 2013. 
" This made me go re-watch the Jakarta Punk video, which is so inspiring [16] : Jakarta Punk: The Marjinal Story - Kickstarter Pitch " 
T Thorn Coyle, 6 mars 2013. 
" This is amazing music. Reminds me of the Guitars of Golden Triangle compilation [17] " 
atomicpigeon25, 5 mars 2013. 
" try Tamikrest, Tinariwen and The War On Drugs, there is a big revival going on! [18, 19, 20] " 
Lachmund, 13 août 2014. 
" Reminds me of Sun Araw or Magic Lanterns [21] " 
Astro Luxe, avril 2014. 
" black sabbath + led zeppelin [22, 23] " 
felipe carpri 10 mars 2013. 
" It's like hearing Pink Floyd and Yes together! Awsome [24, 25] " 
Mauricio Acosta Rojas 6 mars 2013. 
" there's this thai led zeppelin/deep purple/thedoors here, and the audience doesn't even realize it [22, 26, 27] " 
TheDifferential 5 mars 2013.
Ainsi si l'écoute de Khun Narin a son Occident (Neil Young, Led Zeppelin, Ash Ra Tempel et j'en passe) et elle a aussi son Orient. Celui-ci tient à des références comme l'Indonésie [4, 16] ou des compilations comme celles de Sublime Frequencies à propos de la Birmanie [3] et du Triangle d'Or [17] et même à quelques rares références venues de Thaïlande [6] qui situent en quelque sorte Khun Narin dans un aire régional. D'autres références comme Tinariwen cités à plusieurs reprises [7] ou Congotronics [19] œuvrent au contraire à projeter le groupe dans un imaginaire plus globale, non situé, littéralement " utopique ", celui d'un " world psychedelism ".
Dans tous les cas, l'ancrage de l'écoute de Khun Narin dans un aire géographique et culturel précis demeure très incertain, c'est le côté " world ". Il y a bien des commentaires " éclairés " qui renvoient au contexte cérémoniel de l'ordination bouddhique, d'autres à la situation géographique de l'Isan, mais ceux-ci restent tout aussi imprécis quand ils touchent à la musique. S'ensuit donc du côté des auditeurs étrangers des malentendus quant à la façon d'écouter, du genre " l'audience ne se rend même pas compte de ce qui se passe " ou " ça me rend fou que tout le monde leur tourne le dos ".
Derrière l'ancrage incertain de l'écoute dans un contexte culturel précis, se découvre une seconde incertitude, relative à la nature du phénomène acoustique lui-même : c'est le côté " psychédélique ". Les commentaires fusent qui essayent d'identifier le phin (พิณ), ce luth à trois cordes, instrument clé de la musique d'Isan. Certains finissent même par indiquer des maîtres en la matière comme Thongsai Thapthanon :
" A bit more phin video -- showing that there is variation in the fretboard -- as though some models have a "1/2" fret and others don't [29] " 
Michael Futreal, you tube, 13 mars 2013.
Mais les échanges explorent très peu le panthéon des joueurs de phin, pour au contraire se concentrer sur le son spécifique que l'on entend dans la vidéo, c'est ici que les commentaires se font les plus précis :
" Are there any effects being added to the music, or is that just the natural sound of the instruments?? " 
BobBX542, you tube, 6 mars 2013. 
" Delay, I think, on that guitar-like thing. There is a Boss delay pedal on top of that cart w/ all the electronic equipment in it. " 
Frank Hays en réponse à BobBX542, you tube, 6 mars 2013. 
" Sounds like a little bit of delay going on. As one other commenter pointed out, there's a Boss delay pedal on top of the rack. Looks like it's probably a DD-6, so he's probably got something like 300-500ms of slapback delay going and probably some distortion. It rocks " 
Rich Lindsay en réponse à BobBX542, you tube, 6 mars 2013.
Plus exactement, le delay qu'utilise le joueur de phin ("  that guitar-like thing " de l'Isan) vient d'une pédale BOSS DD-3, une pédale dérivée des premiers modèles de pédale delay massivement commercialisés (notons que le joueur de phin que l'on voit sur la vidéo ne fait pas parti du groupe et n'apparaît pas dans les autres enregistrements). Une petite machine, qui capture une partie du signal sonore, le digitalise et lui applique un léger retard avant de le reconvertir en un signal analogique dont une partie sera à nouveau capturée par la machine. Une boucle dans laquelle le son se dégrade passage après passage (cf. Neil Young [14], 02:00). Mais c'est pas tout, le son du phin passe aussi par une autre pédale, la Metal Zone-2, également produite pas BOSS. Ici, le signal est distordu : saturée dans tous ses harmoniques, la note se maintient également plus longtemps sans avoir à être rejouée (sustain). La pédale permet d'obtenir un son plus hardcore, typiquement celui que l'on peut entendre chez Black Sabbath [22], et ça pour Aob, l'un des joueurs de phin du groupe, " c'est rock ".
À qui pense Aob quand en montrant la pédale il dit " ça, c'est rock " ? Sûrement moins à Led Zeppelin qu'à Santana, sûrement moins à Santana qu'à Ead Loso [29] qui sont tous deux des figures beaucoup populaires du rock en Thaïlande que nos icônes psychédéliques. Il est aussi fort possible que pour Khun Narin, le domaine du rock ne dépasse pas les quelques centimètres cubes de cette petite machine (" Le rock c'est quoi ? C'est la pédale "). Mais pour l'instant Khun Narin n'est pas encore là.
Pour revenir au psychédélisme, si l'on reprend le vers de Huxley (" To ame this trivial world sublime/Take a half a gramme of phanerothyme ") et la réponse d'Osmond dans laquelle le terme apparaît pour la première fois (" To fathom Hell or soar angelic/Just take a pinch of psychedelic "), on trouve l'idée d'un développement sensoriel associé à la recherche de perceptions inédites ; ou comme l'écrit un certain Giovanni Malavasi à propos de Khun Narin :
" These guys made my Ajna chakra swirl like a pinwheel. " 
youtube, 17 août 2014.
Recherche qui, dans l'histoire de la musique et plus précisément du rock, s'est attachée à la possibilité de produire des sons dont personne n'avait jusqu'à présent fait l'expérience. Avec l'électrification et le développement de dispositif technique spécifique, il devient alors possible de générer un delay, une réverbe, une distorsion. Mais cette avancée du côté de la machinerie musicale a rencontrée une autre avancée du côté des perceptions sensorielles : il n'est un secret pour personne que le psychédélisme va de pair avec le développement des hallucinogènes, parmi lesquelles le LSD occupe une place centrale. L'écoute de Khun Narin n'y fait pas défaut et l'on trouve par exemple sur Dangerous Mind plusieurs suggestions en ce sens qui font d'ailleurs assez rapidement matière à controverse. Mais Narin est assez stricte sur cette question : les fêtes de temple et les cérémonies pour lesquelles on l'appelle sont peut-être l'occasion de grandes beuveries, mais aucune personne dans le groupe ne prend de drogue. Pour ce qui est des autres personnes, ce n'est pas son problème. Simplement la ressemblance des instruments (le phin est facilement rapporté à la guitare) ajouté à l'identité du dispositif d'effet utilisé pour produire un son rock suffit largement à ce que l'imaginaire d'une tout autre écoute se développe. Ajoutez à cela une pointe de bouddhisme et c'est carrément mystique. Pour ma part, je pense qu'un sommet est atteint avec le montage de Teerath Whangvisarn qui fait du morceau de Khun Narin la bande-son du travail de Toshio Matsumoto [30].
Davantage cet ancrage très précis de l'écoute dans le son en l'absence de véritables données sur la musique dont il s'agit et la façon dont on l'écoute, participe même à troubler les quelques certitudes relatives au contexte culturelle que l'on pouvait avoir.
Il est important de reconnaître que si l'on parle de psychédélisme, dans la plupart des commentaires personne n'est prêt à affirmer que la musique de Khun Narin ait historiquement quoique ce soit à faire avec le psychédélisme en Occident. On est ici moins dans la définition que dans la comparaison.
" If someone plays this kind of music in the western world they call it "psychedelic" " 
Cemetarys Neighbor, youtube, 28 octobre 2012.
Le terme est parfois utilisé à titre de remarque personnelle, comme une façon de qualifier une musique faute de mieux. A ce titre, tout ces propos nous parlent davantage de la façon dont on a historiquement pu concevoir en Occident une musique qui sonne de là même manière, que de la façon dont là-bas, en Thaïlande, cette musique est effectivement perçue (cf. The Quietus).
Mais il arrive, à certains moments que les commentaires cherchent derrière la comparaison, un rapport causal et se mettent à discuter du mouvement psychédélique occidental comme de l'origine historique de cette musique, jusqu'à douter de l'authenticité de son contexte (voir à ce propos l'article de " Yes Thai Psychedeliais a Real Thing ") :
" So, during the various hippie pilgrimages of the 1960s, they left something behind in Thailand which you might not expect: psychedelic rock. ". 
Andreas Schou, youtube, 26 février 2014. 
" I think globe-trotting hipster label Sublime Frequencies might be all over this. I do know you can see some pretty trippy Isan music on their Phi Ta Khon: Ghosts of Isan DVD [31] and they've released quite a lot of obscure Thai music on CD and vinyl [3, 17] " 
Richard Vachel Lindsay, Dangerous Mind, 2013.
La question de l'originalité (aussi bien dans le sens des origines, que du caractère inédit et original) est intéressante, parce qu'elle touche à quelque chose de l'identité, question qui en Thaïlande fait toujours l'objet de crispation :
" this is traditional thai-isan music, not so much to do with Psychedelia... the melody is very well known for us from south-east thailand and has been so for MANY MANY YEARS usually played when there's a wedding or any religious related stuffs. and from what i see in this video it's an ordination ceremony. " 
luckydesu, youtube, 13 avril 2014. 
" Saying this is traditional Thai Isan music is like saying Sanda is traditional Chinese Kungfu with a straight face... this is clearly heavily influenced by modern psychedelic rock.. which... as you've pointed out, have been around for MANY MANY YEARS... more than 60 years... " 
aaron4820, youtube, 14 août 2014.
Cette mélodie, " très très connue de " eux " du Nord-Est de la Thaïlande " (d'ailleurs je rectifie, parce que " south-east thailand " n'existe pas, techniquement c'est un trou d'eau), Luckydesu n'en donne cependant pas le nom. Celui-ci arrive un peu plus tard dans une autre commentaire :
" คักน้อ สาวอุบลรอรัก คิดฮอดสาวอุบลบ้อมือพิณนั้น 555 คักๆ " (" Oh " Sao Ubon Rorak ", ce joueur du phin pense à sa copine d'Ubon, ha, ha, ha! " [32]) 
adisak2530, 8 avril 2013.
Du côté des quelques commentaires thaïs, aucune avalanche de références : celle-ci ne semble faire aucun doute. Écrit par Phongsak Chantharukha (พงษ์ศักดิ์ จันทรุกขา) pour Angkhanang Khunchai (อังคนางค์ ดุณไชย), " Sao Ubon Ro Rak " que l'on pourrait traduire " La Fille d'Ubon qui attendait l'amour " raconte l'histoire d'une fille d'Ubon Ratchani (ville à l’extrémité est de l'Isan) qui prie son amant parti de ne pas oublier les beautés de cette région et de ne pas oublier sa promesse. " Sao Ubon Ro Rak " touche au thème universel de l'amour (อกหัก), la chanson est fameuse en Isan et a été reprise de nombreuses fois. Pour rebondir sur le commentaire de Luckydesu, il est intéressant de noter comment un groupe de Petchabun, province à la marge d'une région à la marge, se trouve tout d'un coup réintroduit au cœur de l'identité d'une région, par la simple interprétation de l'une de ses mélodies favorites. Phetchabun se trouve à l’extrémité ouest de l'Isan, derrière les montagnes, ce qui suffit à la rendre étrangère à beaucoup d'habitants de la région, quoiqu'ils partagent la même langue et la même culture lao qui diffère de Bangkok et des autres régions de la Thaïlande.
Cependant, si l'on peut reconnaître la mélodie au début de la seconde minute (01:08 [1]), nulle doute que l'interprétation de Khun Narin diffère grandement de l'originale. Luckydesu ne pense certainement pas au timbre spécifique du phin quand il renvoie à " Sao Ubon Ro Rak ", car l'instrument est absent de la majeure partie des versions.
Sous ce jour, l'échange entre Luckydesu et Aaron4820 est un dialogue de sourd. L'un s'attache à la mélodie et aux paroles tandis que l'autre, comme l'essentiel des autres commentateurs, parlent d'un son spécifique sans grands égards pour la mélodie jouée.

Qui questionne la mélodie, sorti des commentateurs thaïs ? Personne.

(Un grand merci à Richard Karmeman, Peter Doolan et Khun Narin pour leur aide précieuse)


[EN] The point here is to question the assessment of Khun Narin as a "psychelelic" band. The question is quite simple: from the first publication of a video online [1] to the release of a record on Innovative Leisure [2], how was Khun Narin raised to represent one of the many forms that psychedelia may take?
At the beginning, a video was published to YouTube by Noom (Sumeth), the son of Rin (Khun Narin) who leads the band and who occasionally plays cymbal with the band. The video was intended as kind of a promotional clip addressed to anyone who might be interested in hiring the troupe for events around Lomsak (Phetchabun province, Isan, Thailand) [1].
For the time being, no surprise, Khun Narin is a band among half a dozen other bands playing for temple fairs in the Lomsak area. While they might have built a good reputation locally, nothing predestined them for an American recording contract (and more than 300 000 views on you tube). Is there some kind of chance or is this just pure coincidence? The fact is that people take a gamble putting their videos on YouTube, and some of them win.
" To the point, I wish I had a more useful answer for you regarding how I came across that video. but yeah, I did link it here on facebook a while ago causing the appropriate flurry of excitement. If I recall correctly, I was honestly just down a youtube rabbit hole, clicking recommended sidebar videos to great success - the music so often gets pleasantly surprising once you stop being able to read the video names/descriptions... " 
Richard Kamerman, answer to Peter Doolan from Monrakplengthai, July 25, 2014.
On October 25th, 2013, under the name " Strange, Heavy Psychedelic GuitarShreddage at a Thai Family Event ", Nat Roe posted on WFMU's Beware of the Blog the video Richard Kamerman had just found. The following day, the first comments arrived praising the reverb in Khun Narin's sound and comparing it to other music in Burma or Indonesia:
" wicked face-melting reverb isn't all that unfamiliar from SE asia...check out sublime frequencies: saing saing maw [3] still, totally rad " 
Rico, October 26, 2012. 
" Reminds me a bit of these vids, from Indonesia I think [4] " 
MenyKU, October 27, 2012.
OK, maybe there are some similarities to Burmese guitar style, but I don't know what to say about the video from Indonesia. Regardless, the video was blogged several times under different names, all of which share the same idea: " The Psychedelic Rock BandDiscovered in a Remote Village in Thailand ", " How an Obscure Thai YouRube Clip Led to an Insane PsychedelicAlbum ", or " Mindblowing Psychedelia From Thailand " on Dangerous Minds, which is one of the most quoted:
" Thai musical congregation Khun Narin Phin Sing, from the Phetchabun Province, conjures up some mystical vibes in their indescribably beautiful psychedelia.Google translates the song title and YouTube uploader quite trippingly as "Khun Narin Racing Harp" posted by "Melting The Drug." " [As Googe translates the first name of Narin's son who posted the video on youtube, "Sumet", to "Intelligent" somehow "Melting" and his last name "Yakham" to "word, medecine, drug"]The spacey guitar sound is emanating from a phin, which is a type of two to three-stringed lute popular in Thailand and Laos.Khun Narin Phin Sing have a Facebook page. Visit it and implore them to come to your town or city now. Or at least release an album. " 
Marc Campbell, Dangerous Mind, May, 3, 2013. 
" A Thai Ash Ra Tempel [5] " 
Mauro, Dangerous Mind, 2013. 
" This sounds like Mor Lam mixed with Congotronics. Oi Jai Dennisan 4ever! [6-7] " 
MrSmelly, Dangerous Mind, 2013.
At this point a flow of comments bring in a bouquet of references. Still there are people who don't like the music, but these same persons, opting for a bit of self-promotion, dismiss the video of Khun Narin in favor of their own psychedelic favorites. Aside from the typical Western figures in psychedelia, references from everywhere arrived under the name of " psychedelism " and " folklore ", strangely connecting one part of the world with one another :
" dont like it really... reminds me of Amon Düül II [8] which I also dislikeI love (the first) Amon Düül (more savage/wilder less musicians) [9] who played marvels like psychedelic underground , collapsing singwowel ruckwarts, etc or Silver Apples [10] of courseif you love this you should hear folklore (ancient and contemporary) [11] and of course psychedelia from Peru [12] .:::: Best Regards from North Lima, Wilder.((www.peruavantgarde.blogspot.co...)) " 
Wildrugs, Dangerous Mind, août 2014. 
" I prefer this one watch [13] " 
90Lans, youtube, november 7, 2013.
Comments are rarely accurate, because it's hard to seize the substance of something which you hear as a familiar but at the same time sounds like nothing else you've ever heard. Instead, one has to make associations, list references, or formulate equations:
" sometimes it sounds like Neil Young dead men [14] " 
Pan Czarny Pies, October 19, 2013. 
" Jimmie Hendrix? [15] " 
Weiszcracker, March 7, 2013.
" This made me go re-watch the Jakarta Punk video, which is so inspiring [16] : Jakarta Punk: The Marjinal Story - Kickstarter Pitch " 
T Thorn Coyle, March 6, 2013. 
" This is amazing music. Reminds me of the Guitars of Golden Triangle compilation [17] " 
atomicpigeon25, March 5, 2013. 
" try Tamikrest, Tinariwen and The War On Drugs, there is a big revival going on! [18, 19, 20] " 
Lachmund, August 13, 2014. 
" Reminds me of Sun Araw or Magic Lanterns [5, 21] " 
Astro Luxe, April, 2014. 
" black sabbath + led zeppelin [22, 23] " 
felipe carpri, March 10, 2013. 
" It's like hearing Pink Floyd and Yes together! Awsome [24, 25] " 
Mauricio Acosta Rojas, March 6, 2013. 
" there's this thai led zeppelin/deep purple/thedoors here, and the audience doesn't even realize it [22, 26, 27] " 
TheDifferential, March 5, 2013.
For sure, lot of peoples listening to Khun Narin have their ears kind of rooted in the West (Neil Young, Led Zeppelin, Ash Ra Temple among others). But there are also references to an East where acts from Indonesia [4, 16] Sublime Frequencies compilation on Burma [3] and the Golden Triangle [17], even few other references from Thailand [6] draw a regional space. On the other hand, references to Tinariwen [7] or Congotronics [19] are drawing a more global scope, without any real geographic situation, somehow "utopical", the scape of "world psychedelia".
But even with most of the references being inaccurate in terms of geography and specific culture, this is the "world" side of Khun Narin's music. Of course there are "enlightened" comments which might point out the religious context, or the geographical location of Isan within Thailand. But all these remarks are likewise inaccurate when touching musical ground. As a consequence, Western listeners might not understand the ways in which people listen to music there, balking that "the audience doesn't even realize it".
Besides, this uncertainty rests on the acoustic phenomenon itself : this is the "psychedelic side". On the one hand, there are many people curious about this three-stringed lute, called phin (พิณ), one of the key instruments of Isan music. There is even one comment which brings in Thongsai Thapthanon, a phin master from Ubon :
" A bit more phin video -- showing that there is variation in the fretboard -- as though some models have a "1/2" fret and others don't [29] " 
Michael Futreal, you tube, March 13, 2013.
But this is the only comment which mentioned other phin players, since most of the remarks are concerned only with the specific sound coming from the video, never turning the focus to related music. And it is on the topic of sound that remarks become more and more exact :
" Are there any effects being added to the music, or is that just the natural sound of the instruments?? " 
BobBX542, you tube, March 6, 2013. 
" Delay, I think, on that guitar-like thing. There is a Boss delay pedal on top of that cart w/ all the electronic equipment in it. " 
Frank Hays answering to BobBX542, you tube, March 6, 2013. 
" Sounds like a little bit of delay going on. As one other commenter pointed out, there's a Boss delay pedal on top of the rack. Looks like it's probably a DD-6, so he's probably got something like 300-500ms of slapback delay going and probably some distortion. It rocks " 
Rich Lindsay answering to BobBX542, you tube, March 6, 2013.
The phin player ("that guitar-like thing" player; notice that the man you see in the most popular video is different from the phin player in their other videos; in fact, he is not part of the band but an outside hire) uses a Boss DD-3 delay pedal, derived from the first mass-produced digital delay in a compact pedal format. A small machine which converts the analog signal into digital and delayed signal, before converting it again into an analog signal, a portion of which is sent back into the delay again. Kind of a loop in which the sound gets dirtier and dirtier, due to the repeated conversion process (cf. Neil Young [14], 02:00). But the phin player also uses another pedal, the Boss Metal Zone-2 which adds distortion to the signal : all the harmonic are saturated, and a subsequent sustain is obtained. The sound gets more and more hardcore (kind of Black Sabbath's sound [22]), and in the words of Aob, another phin player in the band, "that's rock".
But what does he mean he says "that's rock"? Aob surely has more Santana in mind than Led Zeppelin, and probably more Sek Loso [29] than Santana, judging by the relative fame of all these acts in Thailand. It is also possible that "rock" according to Khun Narin means nothing more than the several cubic centimeters of machine that produces "rock sound" (What is rock ? The pedal is rock). But for the time being, Khun Narin is not here to answer our speculations.
Let's go back to psychedelia :
" - To make this trivial world sublimeTake a half a gramme of phanerothyme- To fathom Hell or soar angelicJust take a pinch of psychedelic "
The dialogue between Huxley and Osmond, which give us the very first instance of the term « psychedelic » (Osmond's answer), conveys the idea of sensory development linked to the quest for unprecedented perceptions. An achievement which seems to be familiar to one Giovanni Malavasi who speaks about Khun Narin like so :
" These guys made my Ajna chakra swirl like a pinwheel " 
Youtube, August 17, 2014
In the history of music, especially of rock music, this quest has been associated since the 1950-60's with the possibility of producing sounds that nobody has ever experienced before. Along with the electrification and the development of specific technical equipment, it became possible to create delay, reverb, distortion. But this evolution on the side of musical engineering met another evolution on the side of sensory perceptions : psychedelia is linked to the development of hallucinogenics (which should be a secret to nobody). The diffusion of Khun Narin's video raised questions on this topic and even give birth to few debates about the importance of drug in the psychedelia (cf. Dangerous Mind). But Khun Narin is clear on that point : temple fairs and ceremonies are certainly times for carousing, but nobody within the band takes any illicit drugs, and Khun Narin doesn't care about what people might do outside of the band.
Simple similarity between instruments (the phin as compared to the guitar) along with an identical package of sound effects, seems sufficient for the development of a musical imaginary apart from the original. Then just add a pinch of Buddhism and it becomes totally mystical. In my mind, Teerath Whangvisarn reaches a peak putting Khun Narin's song for the soundtrack of Toshio Matsumoto's artwork [30].
Moreover, the more intensely a listener focuses on one specific aspect of the sound without knowing much about its cultural meaning, what once seemed certain about the cultural context becomes increasingly uncertain.
But if people talk about psychedelia, few dare to claim that there is an historical connection between the music of Khun Narin and the psychedelic movement in the West. In most cases, peoples use the word "psychedelic" for comparison, not for definition :
" If someone plays this kind of music in the western world they call it "psychedelic" "Cemetarys Neighbor, youtube, October 28, 2012.
Sometimes peoples use it as a personal opinion, in order to speak about the music without having any better word. All this rather instructs us on how people in the West have historically conceived of music which sounds like this, as opposed to the way this music is conceived of in Thailand (c. The Quietus).
But it happens that some comments try to find a causal link behind the comparison. Here listeners point out that the Western psychedelia might be the historical origin of the music they hear from Thailand, and start to become suspicious about the authenticity of Khun Narin's music (cf. "Yes Thai Psychedelia is a RealThing") :
" So, during the various hippie pilgrimages of the 1960s, they left something behind in Thailand which you might not expect: psychedelic rock. " 
Andreas Schou, youtube, February 26, 2014.
" I think globe-trotting hipster label Sublime Frequencies might be all over this. I do know you can see some pretty trippy Isan music on their Phi Ta Khon: Ghosts of Isan DVD [31] and they've released quite a lot of obscure Thai music on CD and vinyl [3, 17] " 
Richard Vachel Lindsay, Dangerous Mind, 2013.
The question of originality and authenticity is interesting, as it is related to the question of identity, which is always a critical subject in Thailand :
" this is traditional thai-isan music, not so much to do with Psychedelia... the melody is very well known for us from south-east thailand and has been so for MANY MANY YEARS usually played when there's a wedding or any religious related stuffs. and from what i see in this video it's an ordination ceremony "
luckydesu, youtube, April 13, 2014. 
" Saying this is traditional Thai Isan music is like saying Sanda is traditional Chinese Kungfu with a straight face... this is clearly heavily influenced by modern psychedelic rock.. which... as you've pointed out, have been around for MANY MANY YEARS... more than 60 years... " 
aaron4820, youtube, August 14, 2014.
But Luckydesu doesn't give us the name of that melody "very well known for us from North-East Thailand" (I rectify "south-east thailand" is technically a water hole). The name arrives later, in an other Thai-language comment :
" คักน้อ สาวอุบลรอรัก คิดฮอดสาวอุบลบ้อมือพิณนั้น 555 คักๆ " ("Awesome, huh? 'Sao ubon ro rak'.. Is he thinking of his Ubon girl, this phin player? Cool, cool" [32]) 
adisak2530, April 8, 2013.
In the Thai-language comments, one finds no such torrent of references; the melody is well-known and there seems to be no doubt about it. Written by the famous Isan songwriter Phongsak Chantharukha (พงษ์ศักดิ์ จันทรุกขา) for singer Angkhanang Khunchai (อังคนางค์ ดุณไชย), "Sao Ubon Ro Rak" or "Ubon Girl Waiting for Love" tells the story of a girl from Ubon Ratchani (a city at the eastern-most point of the Isan region) who prays for her lover not to forget the beauty of Ubon or his promises to her. Developing on the universal topic of love and broken hearts (อกหัก), the song has became very famous and has been covered many times over. Regarding Luckydesu's comment, it is interesting to see how a band from Petchabun, by interpreting a famous melody from Isan, is finally reintroduced at the heart of a regional identity. Petchabun is a marginalized province within a marginalized region. Located at the westernmost point of Isan, on the other side of the mountains, the province is unfamiliar to many Isan unhabitants, even if they share a similarly Lao language and culture, distinct from Bangkok and other regions of Thailand.
However, even if one can recognize the melody at the beginning of the second minute of the video (01:08 [1]) the cover by Khun Narin is totally different from the original. Obviously, Luckydesu doesn't pay too much attention to the specific sound of the phin when they refers to "Sao Ubon Ro Rak", as the instrument is absent in most recorded versions of the song.
On this point, the question of origin is not solved. Luckydesu and Aaron4820 talk past each other. One focuses strictly on the melody, while the other, like so many, pays attention only to the specifics of the sound, regardless what melodies are played.

Who questions the melody apart from the Thai bloggers ? Nobody.

(Big thanks to Richard Karmeman, Peter Doolan and Khun Narin for their precious help)